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Jaume Roures, spéculateur footballistique et trotskiste malgré lui

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Jaume Roures, le PDG de Mediapro avec Joan Laporta (ex-président du FC Barcelone) et Pep Guardiola (entraîneur de Manchester City), le 30 mai à la Fondation Cruyff.

Faire le tri entre les rumeurs extravagantes, les portraits diaboliques dressés par ses adversaires et la biographie officielle qui le dépeint en génie des affaires, humaniste et visionnaire, n’est pas une mince affaire. Sans doute parce que rien n’est absolument faux ni tout à fait juste dans ce qui se dit de Jaume Roures en Espagne. Le fondateur et gérant du groupe Mediapro, qui a remporté mercredi 30 mai les droits de retransmission de la majeure partie des matchs de Ligue 1 pour 2020-2024 pour 1,2 milliard d’euros, au nez et à la barbe de Canal+, est un personnage polémique et insaisissable.
A 68 ans, Jaume Roures, lunettes rondes et front dégarni ceint de mèches rebelles grises, est à la fois un magnat propriétaire de l’essentiel des droits du football espagnol et principal producteur de films, documentaires et programmes de télévision du royaume, et un vieux trotskiste, toujours marxiste, soutien sans faille de la formation de la gauche radicale Podemos et fervent défenseur du droit à l’autodétermination de la Catalogne. Il est en sus allergique à la cravate.

Autodidacte élevé sans père

Cet ancien militant du Front ouvrier de Catalogne et de la Ligue communiste révolutionnaire, né dans le quartier barcelonais populaire et libertaire du Raval, dépourvu de diplômes et élevé sans père, a commencé sa carrière en 1981 à la télévision catalane TV3. La chaîne qui vient de naître est avide de main-d’œuvre. Il devient directeur de la production des programmes d’informations puis des sports. En 1988, il réussit son premier coup de maître : négocier les droits du FC Barcelone pour TV3, auprès du président de la Ligue de football professionnel. En 1991, il quitte la chaîne, « à cause d’un désaccord sur la manière de traiter la guerre du Golfe », explique-t-il au Monde.

La maison de production Dorna l’embauche aussitôt pour mettre en route le Mondial de motocyclisme. Mais il en repart rapidement, en 1993, quand un banquier véreux qui sera plus tard condamné à vingt ans de prison, Mario Conde, entre au capital. « Je voyais bien qu’il n’était pas propre », dit-il, insistant sur les choix éthiques qui guident sa vie, malgré des témoignages évoquant les difficultés financières de l’actionnaire comme motif de son départ. Quoi qu’il en soit, c’est à cette date qu’il décide de créer sa propre maison de production, Mediapro, aidé de trois amis. Concerts de jazz, basket-ball et programmes télévisés en tous genres et pour toutes les chaînes font le succès de la compagnie, aujourd’hui présente dans vingt-six pays.

Guerre économique et politique avec Prisa

Sa plus célèbre opération date de 2006. A cette date, il s’allie avec le géant de la communication Prisa [actionnaire minoritaire du Monde] pour acheter les droits du football espagnol mais, en 2007, il négocie en parallèle directement avec plusieurs équipes. C’est « la guerre du football » : plus de sept ans de lutte judiciaire entre la division audiovisuelle de Prisa (Sogecable), qui dénonce une rupture de contrat, et Mediapro, qui défend la libre concurrence. Un long feuilleton, dont Jaume Roures, d’abord malmené, se tirera plutôt bien, alors que Prisa finira par vendre Sogecable, qui croule sous les dettes. « C’est un spéculateur », dénonce une source anonyme de Prisa, qui le décrit comme un homme achetant les droits pour les revendre plus chers après avoir tronçonné le paquet. Pour ce qui concerne la Ligue 1, il affirme vouloir lancer sa propre chaîne tout en restant ouvert à la discussion avec ses concurrents.

« Je ne suis pas indépendantiste mais je défends la liberté de la presse et le droit des Catalans à décider de ce qu’ils veulent. » Jaume Roures

La guerre avec Prisa n’est pas seulement économique. Elle est aussi politique. En 2006, dans un contexte de boom économique, Jaume Roures se lance dans la création de ses propres médias : il obtient du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero la dernière chaîne de télévision libre analogique, laSexta. Il crée aussi le journal Público. Ces deux médias se veulent plus à gauche que la ligne éditoriale de Juan Luis Cebrian, le PDG d’alors de Prisa, le grand groupe de médias de centre gauche du pays. Cependant, la crise le pousse à se défaire de laSexta, vendue au groupe Atresmedia (où il garde cependant une participation), et à déclarer la faillite de Público. La faiblesse des indemnités versées aux salariés du journal – le minimum fixé par la toute nouvelle réforme du travail du Parti populaire (PP) – fait scandale dans les équipes du dirigeant trotskiste, tout comme sa manœuvre pour empêcher les salariés de racheter le titre.

Lire aussi :   Le président de Mediapro, Jaume Roures, trublion assumé des droits de diffusion du football en Espagne

Jaume Roures maintient que « l’éthique » guide ses choix, comme celui de monter un centre de presse pendant le référendum illégal d’indépendance sur la Catalogne, ce qui lui vaudra d’apparaître dans un rapport de la garde civile sur les soutiens médiatiques aux indépendantistes. « Je ne suis pas indépendantiste mais je défends la liberté de la presse et le droit des Catalans à décider de ce qu’ils veulent », explique-t-il. Jaume Roures est aussi connu pour ses bonnes relations avec Pablo Iglesias, le chef de file de Podemos. Ce qui ne l’empêche pas d’offrir ses services audiovisuels à tous les partis politiques. Business is business.

Lire aussi :   Droits du foot de la Ligue 1 : Mediapro, un grand d’Espagne à l’accent chinois

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