Actu France

Actualités et Infos en France et dans le monde

adimage
img
Home / ACTUALITÉ / Les fausses notes de la présidente de la région de Madrid

Les fausses notes de la présidente de la région de Madrid

/
/
/
22 Views

La présidente de la Communauté de Madrid, Cristina Cifuentes, nie vigoureusement les accusations quant à son diplôme, qui a été  délivré par l’université Rey Juan Carlos, proche du Parti populaire.

Le compte à rebours a commencé pour la présidente de la région de Madrid, Cristina Cifuentes. Cette figure de poids du Parti populaire (PP, droite), censée incarner la régénération de la formation conservatrice et tourner la page des scandales de corruption et des affaires des dernières années, a jusqu’au 30 avril pour démissionner et nommer un successeur. Passé ce délai, le parti libéral Ciudadanos a annoncé le 9 avril qu’il soutiendra la motion de censure présentée par les socialistes. Et forcera non seulement son départ, mais aussi l’alternance politique dans la région. Son délit présumé : avoir obtenu en 2012 un diplôme de master en droit public sans suivre les cours ni passer les examens, grâce à des notes falsifiées et la complaisance de fonctionnaires et professeurs de la Rey Juan Carlos, une université proche du PP, rongée par le clientélisme et le népotisme.

Au lieu de renoncer à son diplôme pour essayer de mettre fin à la polémique, elle résiste, accuse l’université et insiste sur sa probité en fournissant des « preuves » administratives. Des faux.

Depuis que le scandale a éclaté, le 21 mars, les Espagnols assistent à l’agonie politique de cette dirigeante de 53 ans à l’avenir jusque-là prometteur. Ce jour-là, le site d’information de gauche eldiario.es révèle que deux notes de son master ont été modifiées par une fonctionnaire, amie de la présidente régionale, en 2014, soit deux ans après que celle-ci eut prétendument obtenu son diplôme. Ce n’est encore qu’une polémique mineure. Mais l’arrogance et l’assurance de Cristina Cifuentes la transforment vite en un scandale majeur. Au lieu de reconnaître les faits, de présenter ses excuses, voire de se justifier en rappelant qu’elle a été promue, pendant ses études, déléguée du gouvernement à Madrid (l’équivalent de préfet), elle nie. Au lieu de renoncer à son diplôme, afin d’essayer de mettre fin à la polémique, elle résiste, accuse l’université et insiste sur sa probité en fournissant des « preuves » administratives. Des faux. C’est le début de sa descente aux enfers.

Jour après jour, un flot de témoignages compromettants et de documents truqués vient alimenter l’affaire. Notes manipulées, inscription hors délais, signatures contrefaites, sans oublier les étudiants qui ne l’ont jamais vue en cours et les professeurs qui ne se souviennent pas d’elle… A tout cela, Cristina Cifuentes trouve des excuses. Elle reconnaît à demi-mot un possible traitement de faveur car l’université l’aurait dispensée d’assister aux cours, et assure qu’elle a perdu ses devoirs et son mémoire de fin d’études dans ses déménagements. Surtout, elle rejette la faute sur l’université, seule responsable des facilités qu’elle lui aurait données, préférant démolir la réputation de l’institution plutôt que la sienne. Elle évoque aussi un obscur complot politique et une chasse aux sorcières médiatique, et promet de porter plainte contre des journalistes. « Le master […] est parfaitement réel et parfaitement légal », tranche-t-elle, avec un sourire parfait mais figé, rouge à lèvre vermeil sur des dents
d’une blancheur éclatante, ses longs cheveux blonds tirés en arrière.

Plainte, enquête, motion de censure…

En revanche, sa défense flanche. Une association d’étudiants porte plainte. Et l’université, dont la crédibilité est touchée, ouvre une enquête interne. Le directeur du master avoue qu’il a « reconstruit » son attestation de soutenance de mémoire pour qu’elle puisse le présenter aux médias. Le recteur, Javier Ramos, reconnaît qu’il n’y a aucune trace de l’original ni même la preuve qu’elle l’a soutenu devant un jury, comme elle l’assure. Et, puisque deux des professeurs reconnaissent que leur signature a été imitée, il saisit le parquet pour possible falsification de documents officiels. Quant à l’opposition socialiste, le 4 avril, elle présente une motion de censure. Et après avoir hésité, par calcul électoral, Ciudadanos finit donc par demander sa démission.

Lire aussi :   Espagne : Mariano Rajoy invité à faire le ménage au Parti populaire

Les jours de Cristina Cifuentes à la tête de la région semblent maintenant comptés. Et le PP est sur les nerfs. La convention nationale, préparée depuis janvier et organisée à Séville du 6 au 8 avril, devait permettre à Mariano Rajoy de remonter le moral des troupes, sonnées par le défi sécessionniste catalan et la montée en flèche de leur rival Ciudadanos dans tous les sondages. Ce sera pour plus tard. Le scandale a accaparé les gros titres. Quant à l’université Rey Juan Carlos de Madrid, créée en 1996 par le PP régional, discréditée, elle est apparue comme un repaire de pistonnés au service des politiques : la sœur de Cristina Cifuentes y travaille comme professeure invitée, la cousine d’Alberto Ruiz Gallardón, l’ancien président du PP de la région, la nièce d’un ex-ministre conservateur, un maire, un député régional, et cætera… y occupent des postes variés. Le scandale du master de Cifuentes est devenu un nouveau symbole de la tendance qu’ont certains dirigeants du PP à considérer les institutions publiques comme leur terrain de chasse.

adimage
  • Facebook
  • Twitter
  • Google+
  • Linkedin
  • Pinterest

Vestibulum nec placerat orci. Mauris vehicula

Vestibulum nec placerat orci. Mauris vehicula,Vestibulum nec placerat orci. Mauris vehicula

adimage

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

adimage
adimage