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Face à la justice, l’invulnérable héros de Bollywood

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Salman Khan à son balcon à Bombay remerciant la foule venue le soutenir.

Malheureusement pour Salman Khan, la justice indienne n’a pas été sensible à l’héroïsme dont il fait régulièrement preuve sur grand écran. Jeudi 5 avril, le juge d’un tribunal de Jodhpur a condamné la superstar de Bollywood à une peine de cinq ans d’emprisonnement pour avoir tué il y a vingt ans deux antilopes protégées. Qu’une telle sentence soit prononcée à l’égard de celui qui a éliminé dans ses films un nombre incalculable d’ennemis sans jamais être inquiété par la justice a déconcerté ses fans.

A l’annonce de la nouvelle, ils se sont précipités vers les grilles du centre pénitentiaire, et les chaînes de télévision ont reconstitué la cellule de prison où l’acteur a passé deux nuits avant d’être finalement libéré sous caution. Jamais les télévisions indiennes ne se sont autant inquiétées des conditions de détention dans le pays. A sa sortie, un jet privé l’attendait, et l’empereur de Bollywood est apparu à son balcon à Bombay pour remercier la foule qui chantait et priait pour sa libération. L’affaire a fait grand bruit en Inde et même au-delà.
Le ministre pakistanais des affaires étrangères, Khawaja Asif, a déclaré que Salman Khan avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement parce qu’il appartenait en Inde à une minorité, celle des musulmans. Son arrestation a également inquiété Bollywood, qui sait combien son nom à l’affiche est une garantie de recettes.

« Toute ma vie a consisté en cela : je fais les choses avant d’apprendre à les faire. A cet égard, je suis unique. » Salman Khan

Salman Khan a le regard un peu morne de Droopy et une carrure de lutteur. Dans ses films, il se bat de préférence torse nu, tire sur ses ennemis au volant d’un jet-ski, de dos, en l’air, sans jamais les rater, et fait tourner les têtes des mécréants à 360 degrés d’un simple geste de la main. Salman Khan, c’est d’abord du muscle, de la testostérone et un homme au savoir inné. « Toute ma vie a consisté en cela : je fais les choses avant d’apprendre à les faire. A cet égard, je suis unique », a-t-il un jour expliqué dans une interview. En Inde, c’est surtout dans les salles de musculation et dans les cabines de poids lourds que l’on trouve des posters à son effigie. Salman Khan est le héros de la classe moyenne et des villes moyennes, de ceux qui rêvent de gloire et d’argent sans avoir à présenter de diplômes. Ce qui fait beaucoup de monde.

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Sur son profil Twitter aux 32 millions d’abonnés, la star se présente comme un « acteur de film, un artiste, un peintre et un humanitaire ». Fondateur de l’organisation caritative Being Human, il passe parfois quelques heures avec les déshérités, de préférence dans des bidonvilles, suivi de près par des photographes. Une manière aussi de détourner l’attention de son casier judiciaire. En 2002, il a été accusé d’avoir conduit en état d’ébriété et roulé sur un groupe d’ouvriers dormant dans la rue, tuant une personne et en blessant quatre. Il a été acquitté en 2015 par la Haute Cour de justice de Bombay, mais les proches des victimes ont fait appel de la décision.

Un personnage sulfureux

L’ancienne Miss Monde et actrice Aishwarya Rai, avec laquelle il était en couple au tournant des années 2000, l’a accusé de l’avoir frappée et harcelée. Mais, à chaque fois qu’il est accusé de violence envers des femmes ou ses proches, Salman Khan explique être victime de son cœur tendre, de ses passions, de sa spontanéité, voire des femmes carriéristes qui l’utilisent pour devenir célèbres. C’est d’ailleurs parce qu’il noyait son chagrin dans l’alcool qu’il aurait roulé sur ces sans-abri avec son Land Cruiser. « Khan n’est que l’un de ces nombreux exemples d’hommes violents qui n’est jamais tenu responsable pour sa violence », résume la journaliste Nishita Jha dans un article publié sur le site The Wire et intitulé « La masculinité toxique de Salman Khan ».

Dans cette affaire, le pays en a presque oublié les Bishnoïs. Les membres de cette communauté du Rajasthan ont été les rares témoins ou plaignants à ne pas s’être rétractés dans les affaires impliquant Salman Khan et à s’être battus jusqu’au bout pour que la mort de deux antilopes ne reste pas un crime impuni. Personne n’est venu les applaudir. Salman Khan restera, quoi qu’il arrive, un héros.

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