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Magin Diaz, au chant d’honneur

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Le 28 janvier, entre les statuettes attribuées à Kendrick Lamar et Bruno Mars, la cérémonie des soixantièmes Grammy Awards, à Los Angeles, a salué un album colombien, El Orisha de la Rosa, pour la distinction de la meilleure pochette. Une récompense secondaire mais révélatrice d’un succès à part dans l’industrie musicale. Car El Orisha de la Rosa, sorti en mai, est le premier album de Magin Diaz, musicien né en 1922. Mais c’est également son dernier, le chanteur étant mort le 28 novembre à Las Vegas, quelques jours seulement après y avoir assisté aux Latin Grammy Awards où son album avait également reçu une récompense.

A son décès, la presse colombienne a salué la mémoire du « ménestrel », de la « légende du folklore national » et du « maestro ». Mais aussi le « musicien noir qui a vaincu l’oubli ».

Le parcours de Magin Diaz est une anomalie, à rebours du rouleau compresseur de la pop colombienne, monopolisée par des stars telles que Shakira. Il a passé sa vie dans la confidentialité. Pourtant, sans le savoir, son pays et, au-delà, tout le continent sud-américain ont entonné des classiques signés par lui. Comme le morceau Rosa, popularisé par Carlos Vives.

Tradition orale

Le chant s’étant diffusé dans les milieux populaires, par la tradition orale, et l’industrie musicale étant radicalement différente d’aujourd’hui, Magin Diaz n’a jamais été crédité pour ses œuvres. D’autant que le musicien créait en improvisant et, analphabète, ne pouvait consigner ses morceaux.

« Ce cultivateur anonyme, vivant en marge, a réussi à sauvegarder un répertoire important. » Daniel Bustos, producteur improvisé

Originaire du village de Gamero, dans le département de Bolivar, à une heure et demie de l’ardente Carthagène, Diaz part vivre un temps au Venezuela, où il est ouvrier et chanteur. Puis, trop nostalgique, il retourne dans son village. Il abandonne vite l’espoir de vivre de sa musique. Et se contente de chanter et de jouer des maracas pour un groupe nommé Los Soneros de Gamero. Il fait le bonheur des villageois, mais sa renommée n’atteint jamais le cœur de la Colombie.

Jusqu’à l’apparition récente d’un producteur improvisé, Daniel Bustos. Cet étudiant en philosophie, ami d’un des fils de Diaz, prend conscience que ce « cultivateur anonyme, vivant en marge, a réussi à sauvegarder un répertoire important ». Il se rend à plusieurs reprises à Gamero, entre 2015 et 2016. Son but ? S’asseoir avec le chanteur de bullerengue, rythme rituel afro-colombien, et l’écouter entonner tout ce dont il se souvient. Avec des amis compositeurs, le jeune producteur réalise ce que Diaz n’a jamais pu faire : apposer des notes et des paroles sur du papier. Il réunit plus de 25 artistes pour composer un album constitué des souvenirs de Magin Diaz. Comme un récit de sa vie de nomade, où l’artiste aux neuf décennies laisse apparaître une voix envoûtante.

Si la notoriété personnelle de Magin Diaz n’a, jusqu’à ses derniers mois, jamais dépassé les frontières de sa région, ce n’est pas seulement à cause de son analphabétisme. La Colombie contemporaine tourne le dos à son histoire et à ses cultures traditionnelles. Et les villages perdus dans les immenses montagnes semblent très loin des grandes villes que sont Bogotá, Cali ou Medellín. D’où l’émotion qui traverse le village de Gamero depuis la mort du chanteur. « Après les funérailles de Magin Diaz, le peuple de Gamero se noie dans la solitude et l’abandon », a ainsi écrit le poète et auteur Gustavo Tatis Guerra. Mais si Magin Diaz est décédé à Las Vegas, bien loin de sa terre natale, il aura, enfin, laissé sa trace.

Par Ruben Curiel

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